Le documentaire d’expression amazighe Les pêcheurs de sable de Yazid Arab, projeté, hier soir, à la cinémathèque d’Alger,  évoque, à travers des témoignages, le phénomène de l’extraction illicite du sable des oueds dans plusieurs régions du pays.
Réalisé en 2010, le documentaire relate le quotidien d’un groupe de jeunes cribleurs de sable de l’oued Sébaou à Tizi Ouzou, qui ont accepté de témoigner à visage découvert sur les raisons qui les poussent à recourir à ces pratiques risquées et interdites par la loi. Affichant une petite mine, ces jeunes gens, dont l’âge ne dépasse pas la trentaine, se sont lancés dans l’extraction illicite de sable, faute d’alternative, disent-ils. Pour ces journaliers sans formation particulière, cette occupation est la «seule chance» de travail qui leur est offerte. Conscientes d’être dans l’illégalité, ces personnes issues de milieux modestes espèrent pouvoir un jour sortir de cette situation et améliorer leurs conditions de vie. Des scènes de criblage de sable sur fond de bruit de pelles et de pioches, de chargement de camions et de ramassage de pierres, se déroulent comme une chorégraphie pendant les vingt minutes que dure le documentaire. Sueurs, visages brûlés par le soleil, bouches sèches et mines épuisées, sont autant d’images reflétant à la fois toute la difficulté de cette activité et le désespoir qui ronge ces jeunes personnes. Yazid Arab a indiqué, lors du débat qui a suivi la projection, qu’il voulait, à travers ce documentaire, présenter un petit aperçu de cette pratique interdite mais répandue. «A travers ce travail, j’ai voulu aborder un phénomène sans trop m’attarder sur ses conséquences environnementales, préférant insister sur les conditions de vie difficiles de jeunes, soucieux de leur indépendance financière et en quête d’une vie digne», a-t-il résumé.